Avant d’être à la tête du pôle Marketing de Volvo Car France, Nathalie Duneau a fait ses armes dans des secteurs assez éloignés du monde automobile. Aujourd’hui, elle est fière de représenter une entreprise qui défend des valeurs qui lui sont chères et espère pouvoir continuer à faire évoluer Volvo Car France dans la meilleure direction.

Si vous deviez donner une définition de votre mission chez Volvo Car France, quelle serait-elle ?

Disons qu’elle est assez dense ! Mais pour tout avouer, je crois qu’elle consiste avant tout à contribuer au rayonnement et au positionnement différenciant de Volvo dans le monde automobile français. Tous les jours, mon équipe et moi-même veillons à trouver les meilleures idées pour challenger notre entreprise et sortir des sentiers battus. On assiste enfin à cette période géniale où l’innovation commence à changer la donne. Ma mission, c’est de la valoriser, et de la porter le plus loin possible. 

Volvo est une entreprise Suédoise, est-ce que cela fait une différence ? 

Je ne pense pas que ce soit la question d’une entreprise française face à une entreprise suédoise. En réalité, ce sont toutes les entreprises qui sont concernées : en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis… Ces pays sont en retard par rapport à la Suède sur un point : le développement durable. Au-delà du fait que nous ayons un design bien à nous qui allie le beau à l’utile, nous mettons les questions environnementales au coeur de notre philosophie d’entreprise. Et sur ce point là, ce n’est pas plus l’affaire de Volvo que des Suédois en général ! En Suède, 99% des foyers procèdent au recyclage, c’est un véritable mode de vie. Pas étonnant donc que la marque ait été pionnière sur ces questions ! En 1945, nous sommes la 1ère marque automobile à mettre en place un système de recyclage pour les pièces détachées. Moins de 30 ans plus tard, les dirigeants de Volvo prennent la parole à l’ONU pour rappeler notre responsabilité quant à la problématique environnementale. Aujourd’hui, nous comptons 25% de plastique recyclé dans nos véhicules. Sur l’aspect environnemental, je pense donc que oui, en effet, nous avons un petit peu d’avance ! 

Comment Volvo Car France répond à ces défis ? 

Comme je le disais juste avant, nous avons décidé de supprimer le plastique à usage unique, et pas seulement que pour nos véhicules !  Lors de nos événements de marque, on privilégie des contenants recyclés, des matières naturelles et réutilisables… On pense que cela commence aussi par là, par des petits gestes que les Suédois ont très vite adoptés. En février 2018, on a même organisé un Hackathon avec Station F pour rencontrer des entreprises qui avaient le même désir que nous : optimiser la transition vers une mobilité plus sûre, plus responsable, plus personnalisée. Puis on a aussi importé un concept bien suédois en France : le plogging ! L’idée, c’est d’allier jogging et ramassage des déchets. Avec l’aide des Marseillais, des Toulousains et des Bordelais, on a mis la main à la patte ! Résultat ? Des rues plus propres et un corps en pleine forme ! 

Pourquoi ce positionnement fort sur les nouvelles mobilités ? 

Dans les années 50, la voiture était un symbole de liberté. On pouvait enfin se déplacer à notre guise, en toute indépendance ! Mais l’évolution de la société a mené à l’apparition de nouveaux problèmes liés à l’automobile : trafic routier, pollution, stationnement… Avoir une voiture est désormais plus une contrainte qu’autre chose. Chez Volvo, on a décidé de réenchanter la mobilité. On a conscience que les gens cherchent une solution adaptée à leurs besoins, délaissant le vieux modèle du simple “achat d’une nouvelle voiture”. La société est en pleine mutation, notre secteur aussi : à nous de nous adapter. 

Est-ce que les nouvelles mobilités permettent de générer de nouveaux business ? 

Complètement ! Même si l’aspect industriel est ancré dans notre ADN, nous évoluons de plus en plus vers de nouveaux profils de métiers. La part du digital prend plus d’importance, le développement serviciel aussi. Désormais, nombreux sont les salariés de l’entreprise qui viennent d’un secteur différent que celui de l’automobile, moi la première ! Et cette diversité est très utile à l’entreprise, sur de nombreux aspects. Actuellement, en Suède, des équipes travaillent sur le développement d’applications pour accompagner l’usage du véhicule. On est donc assez loin de l’industrie automobile qui se soucie principalement de l’évolution de la motorisation ! 

Selon vous quels sont les grands défis des industries telles que l’automobile ?

Sans grande surprise, ils sont pluriels. Tout d’abord, à l’image de ce qui se passe en Suède, il serait bien que nous retrouvions plus de parité dans le secteur automobile. Nous avons la chance de travailler dans une entreprise qui accorde autant de congés paternité que de congés maternité, qui possède un comité de direction composé de 50% de femmes et de 50% d’hommes, qui a décidé d’aller volontairement vers plus de parité. Pourquoi devrions-nous être les seuls ? Ensuite, il y a le défi de la sécurité. À l’intérieur de la voiture, il y a des hommes, des femmes, des enfants. À l’extérieur, un environnement à respecter. On doit être responsable face à tout cela et trouver des solutions pour tous. Volvo a été la première entreprise à créer des mannequins femmes pour les crash test, une décision visant à renforcer la sécurité de tout le monde. Enfin, il est nécessaire de changer son raisonnement. Autrefois, on pensait la technologie avant de penser à l’humain. Aujourd’hui, le schéma est inversé : dans notre entreprise, nous partons du besoin de l’homme et faisons avancer la technologie en circonstance. 

Vous soutenez des projets sur Ulule qui réinventent la mobilité (Clic Light Cycle, Andyamo), quels bénéfices percevez-vous pour Volvo Car France ?

Pour nous, l’objectif est simple : essayer de faire émerger de belles initiatives. Avec Ulule, on a trouvé des projets en adéquation avec les valeurs de la marque, plus sécuritaires, plus paritaires, moins discriminants et plus respectueux de l’environnement. En interne, cela a suscité beaucoup de fierté chez les salariés. Nous sommes tous ravis de voir notre marque encourager des entrepreneurs à développer ce genre d’idées. On espère donc voir tous ces créateurs faire une bonne et longue route !