En donnant à chacune la possibilité d’accomplir leurs plus beaux projets tant professionnels que personnels, Contrex France et Ulule ont co-construit un programme d’entrepreneuriat et d’empowerment féminin, Les Elles by Contrex. Depuis maintenant 3 ans, Contrex s’est engagé à accompagner et soutenir financièrement 10 femmes chaque année. Les projets bénéficient chaque mois de 2500€ et la possibilité d’obtenir le prix coup de cœur soit une dotation de 10 000€. 

L’équipe Ulule a participé à l’évènement organisé par Contrex France qui s’est déroulé le 14 janvier à Paris. A cette occasion, nous avons interrogé la lauréate du programme Les Elles By Contrex, Sabrina Nanni pour découvrir sa belle histoire.

Expliquez rapidement votre projet Ex-Utero.

J’ai toujours fait du théâtre et, en 2016, alors que je venais de fêter mes 40 ans, mon amie et auteure Sophie Brugeille m’a proposé de m’écrire un spectacle. Cette fois là, c’était pour moi l’occasion de sortir de ma zone de confort.

Je faisais partie de ces femmes qui n’avaient « toujours pas » d’enfant. L’idée d’un « seule en scène » humoristique a germé autour du sujet. Pendant l’écriture, j’apprends que j’ai un cancer du col de l’utérus et donc le « toujours pas » se transforme en « jamais« . En tombant malade, j’ai eu envie de faire un spectacle beaucoup plus engagé en parlant de ce qui m’arrive et surtout en donnant du sens via une démarche de sensibilisation. Ce projet a complètement changé ma vie et est allé bien au-delà de mes espérances avec des retombées énormes.

Sans Contrex, Ulule et les aléas vie, ce projet ne serait pas Ex-Utero. C’est grâce à cette équation vertigineuse que j’ai été projetée sur scène et je ne me suis jamais sentie aussi vivante.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à réaliser une campagne de financement participatif?

A l’époque, je n’étais pas encore comédienne professionnelle. Ce projet de « seule en scène » est parti d’un pari donc j’avais envie de le relever mais je n’avais pas toutes les ficelles pour l’organiser. Je partais de zéro donc Ulule est apparu comme une évidence pour monter mon projet et aller jusqu’au bout. Et tout est allé bien au-delà de mes espérances.

Avant ça, je travaillais dans les ressources humaines et la communication d’une grosse entreprise. J’avais cette idée en tête de lancer une campagne de crowdfunding pour mener à bien mon projet. Tout était donc organisé et prêt à être publié. Comme c’était en plein été, j’attendais simplement la bonne période pour le lancer.

Ulule et Contrex France ont co-créé un programme qui vise à mettre en avant les initiatives entrepreneuriales de femmes. Que pensez-vous de la mise en lumière de l’entrepreneuriat féminin ? 

J’ai lancé mon projet il y a un an et demi et à cette époque c’était majoritairement les hommes qui lançaient ou dirigeaient des entreprises.

Je trouve ça très intelligent de mettre en lumière l’entrepreneuriat féminin. Lorsque j’étais dans les RH, je travaillais justement sur l’égalité hommes/femmes et ce sujet me touche beaucoup. Désormais les femmes qui montent leur entreprise est un vrai sujet et c’est pour Contrex le moyen de faire véhiculer des valeurs fortes et engagées.

Ce type d’accompagnement permet également de donner confiance aux femmes et comme j’aime dire de leur « accrocher des ailes dans le dos ». Pour moi « accrocher les ailes dans le dos », c’est permettre aux femmes de prendre leur envol et de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. L’argent c’est le nerf de la guerre mais pas que. Avoir un soutien moral, des gens qui croient en vous et se sentir légitimes sans faire face au syndrome de l’imposteur, c’est nécessaire. Psychologiquement ça compte énormément.

Comment avez-vous découvert le programme « Les Elles by Contrex » ?

C’est en voyant une annonce sur un site que j’ai découvert le partenariat entre Ulule et Contrex et j’ai tout de suite adhéré à l’idée. J’ai principalement postulé en me disant que je n’avais rien à perdre. Je cochais toutes les cases des critères demandés (C’était mon 1er projet Ulule, porté par des femmes, avec une dimension créative et engagée…). Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre et ça m’a, encore une fois, amené au-delà de mes espérances.

Quels sont les avantages majeurs de ce programme et que cela vous a-t-il apporté?

Ce programme est un apport financier énorme mais pas que. En postulant je ne pensais pas qu’il y avait tout ça derrière : les évènements, le tea time avec l’ensemble des porteuses de projets qui était extrêmement enrichissant et le feu d’artifice, la cerise sur le gâteau : le Grand Prix Contrex. Je ne réalise toujours pas !

Quels bénéfices voyez-vous dans l’association d’une marque et d’un projet ?

Cette association donne du sens et puisqu’il n’y a pas seulement l’aspect financier mais un soutien psychologique.

Je n’y croyais pas quand j’ai entendu que j’étais sélectionnée pour participer au programme. Je pensais qu’il était principalement réservé aux créatrices d’entreprises. Mais Contrex et Ulule ont bien insisté sur le fait que mon projet allait au-delà de la dimension entrepreneuriale. Puisqu’un spectacle c’est comme une grosse entreprise qui ne s’arrête pas à un kbis mais bien à un projet qui a du sens

Les Elles By Contrex souhaite mettre en lumière des projets de femmes pour en inspirer d’autres. Quelles sont vos inspirations / vos « role model »?

Charlotte Husson, créatrice et fondatrice de la marque Mister K.

J’ai assisté, en 2017, à la Journée de la Femme Digitale pendant laquelle elle est intervenue en parlant de son cancer des ovaires et son projet de fighting kits, des box pour permettre aux femmes de se sentir belles pendant la maladie.

Je la trouve incroyable et j’étais très loin d’imaginer que j’allais vivre la même chose un mois plus tard. Pendant la maladie, je n’ai pas tout de suite repensé à elle mais c’est en faisant des recherche sur mon spectacle que je suis retombée sur elle.

Quels sont les projets de la remise des prix Les Elles by Contrex qui vous ont le plus parlé / touché?

Fight for Dignity, très très beau projet. Colori aussi c’est l’avenir et c’est génial d’éloigner les enfants des écrans. Mais l’important c’est vraiment les projets qui servent aux autres et surtout à ceux qui en ont besoin.

Vous êtes lauréate du programme d’accompagnement « Les Elles by Contrex » et allez recevoir une dotation de 10 000 € de la part de Contrex ainsi qu’un accompagnement spécifique au sein de Paris Pionnières pendant 6 mois.

Qu’allez-vous faire de cette dotation ?

Se lancer dans la faune artistique et se faire une place n’est pas évident. Mon objectif c’est de me rendre à Avignon. S’il y a bien un endroit où il faut être et où les producteurs et les programmateurs viennent faire leurs « courses théâtrales » c’est là. 

Donc la dotation c’est le nerf de la guerre pour louer le théâtre et me loger pendant toute la dure du festival (3 semaines) et surtout communiquer pour permettre à mon spectacle d’être visible. Je n’arrête pas d’envoyer des mails depuis mardi et je mets mes compétences de ma première vie au service de la seconde. Déjà quelques pistes se dessinent. C’est le rêve que je caresse depuis la création d’Ex Utero.

Désormais mon ambition c’est que mon spectacle soit vu par un grand nombre de spectateurs et que le message délivré soit puissant et pourquoi pas, via l’effet boule de neige, acheté par des professionnels qui partent en tournée.

Et à plus long terme comment imaginez-vous Ex-Utero ?

C’est du spectacle vivant donc il évolue constamment depuis ma première programmation.

Désormais des recherches et des vaccins ont été trouvés pour lutter contre le cancer du col de l’utérus. Je travaille maintenant sur ma V2 et je continue à ajouter des messages de sensibilisation en fonction de l’actualité.

J’ai plein d’ambition pour mon spectacle. Je souhaite jouer dans la cour des grands et dans mes rêves les plus fous, je n’ose pas le dire, avoir un Molière. Mais je veux surtout que ce soit une source de prévention et d’inspiration, le tout délivré avec humour.