Ulule s’est associé à VivaTech 2019 pour lancer avec Publicis Conseil, “The Launch”, un accélérateur de projets Tech4Good et co-designer les campagnes de communication de créateurs lors d’ateliers collaboratifs.  

VivaTech, qui s’est déroulé du 16 au 18 mai à Paris, Porte de Versailles, est Pionnier du crowdfunding depuis 2010. Ulule est devenu le 1er incubateur participatif de projets à impact positif qui accompagne les créateurs à se lancer et changer d’échelle.

Nous avons interrogé Thomas Rudelle pour nous partager son retour d’expérience. Il vient d’intégrer Carrefour comme responsable social media : il relaie les messages des clients de l’enseigne à l’intérieur de l’entreprise.

En tant que professionnel de la communication, il a animé à VivaTech un des ateliers d’Ulule consacrés aux créateurs.

L’atelier en question était dédié à My Holy, une start-up engagée spécialisée dans l’hygiène féminine. « J’ai pu constater l’émergence d’une nouvelle tendance : la consommation responsable » nous a-t-il confié.

1# Tu as rencontré Ulule à VivaTech. A ce propos, quelles sont les trois tendances qui t’ont marqué lors de cet événement ?

J’ai eu beaucoup de plaisir à venir à VivaTech. J’ai constaté l’émergence d’une nouvelle tendance : la consommation responsable.

Un second axe m’a sauté aux yeux cette année : l’intelligence artificielle. L’accent était mis sur les moyens de venir en aide au consommateur en lui apportant les meilleures solutions possibles.

Un troisième axe a vu le jour : l’internationalisation très nette de VivaTech qui se place désormais sur la carte mondiale.

2# Peux-tu nous parler des ateliers Ulule ?

Ma mission consistait à animer un atelier pour My Holy. Il s’agit d’une jeune start-up qui lance un nouveau concept, celui des culottes menstruelles, après avoir lancé le tampon hygiénique 100 % coton bio.

C’est un projet que My Holy a présenté sur la plateforme Ulule, pionnière en financement participatif.

L’atelier était organisé autour de trois équipes : My Holy, Publicis Conseil et Ulule.

Mon rôle était d’aider My Holy à concevoir un plan marketing et un dispositif de communication pour que le lancement de son nouveau concept soit réussi. L’association des trois équipes s’est déroulée dans une atmosphère de véritable brainstorming.

3# Si tu devais faire un tweet à ce sujet, ce serait ?

« Entre start-up et grandes entreprises, collaborons » ou « travaillons ensemble » ou encore « Tous ensemble sur le même bateau ».

Les tweets devraient refléter le caractère collectif de ce type d’atelier.

4# Qu’est-ce que tu as particulièrement apprécié dans cet atelier ?

Il était parfaitement en concordance avec les problématiques que nous rencontrons chez Carrefour.

Le programme « Act for Food », impulsé par Alexandre Bompard, vise à inciter nos clients à mieux manger partout, tous les jours et sans payer plus cher.

Les produits My Holy n’entrent certes pas dans le domaine de l’alimentation, mais ils pourraient s’intégrer dans un de nos “actes”, les produits  « sans » : des produits naturels sans pesticides, sans produits chimiques, sans additifs.

5# Comment as-tu vécu cette expérience ?

C’était un cadre de travail à la fois solidaire et bienveillant. Nous étions à l’écoute les uns des autres, dans un esprit de co-construction. Ce genre d’exercice n’est pas toujours facile étant donné que les structures qui ont des tailles et des projets différents, se rencontrent rarement.

L’équipe d’Ulule a réussi à surmonter cela en montrant sa capacité à briser la glace et en instaurant un climat propice aux échanges.

6# Quel est le bénéfice majeur pour le porteur de projet ? L’objectif de l’atelier VivaTech a-t-il été atteint ? Quels étaient les enjeux pour Ulule, pas seulement au niveau du crowdfunding ?

Le représentant de My Holy m’avait demandé avant l’atelier s’il était possible de rencontrer des gens de Carrefour. C’est chose faite !

Pour l’instant My Holy vend ses produits sur internet par souscription via la plateforme d’Ulule.

Par la suite, je pense qu’ils vont réfléchir à des modèles de distribution hors internet et il se peut qu’un distributeur comme Carrefour les intéresse.

L’objectif d’Ulule dans les ateliers de VivaTech était bien sûr de sensibiliser les entreprises à propos de leur modèle de financement participatif. Mais l’équipe d’Ulule a choisi le parti de faire vivre le crowdfunding comme une véritable expérience en interrogeant le porteur de projet sur ses enjeux.

C’est une excellente démarche car elle facilite la compréhension du fonctionnement de la plateforme. Oui je pense que l’objectif de l’atelier a été atteint.

7# Quel bénéfice peut en retirer une marque comme Carrefour ? Et les bénéfices d’Ulule au niveau des entreprises qui portent des projets ?

Nous rencontrons des start-up qui nourrissent des projets sur des thèmes qui sont proches des nôtres, comme la transition alimentaire, sachez que nous avons au sein de chez Carrefour une cellule innovation.

Nous ne connaissions pas My Holy et le fait de découvrir de nouvelles façons de penser nous permet d’étudier des projets sur lesquels nous pourrions apporter notre aide.

L’hygiène féminine bio est dans l’air du temps, c’est un sujet qui nous intéresse en tant que distributeur.

L’atelier nous a permis de découvrir le concept de My Holy de plus près. Ils sont venus nous en parler librement et nous ont exposé comment ils voient les choses, ce que les consommateurs en attendent.  

J’ai pu voir de son côté qu’Ulule crée des rapports constructifs avec ses partenaires, petits et grands. Ils ne se contentent pas d’exploiter l’opportunité que représente le lancement d’une idée nouvelle, ils créent des liens de proximité avec leurs partenaires et instaurent une véritable collaboration entre différents univers.

Cette participation crée une nouvelle voie pour les grands groupes comme Carrefour. Leur démarche pédagogique aide les grandes entreprises à appréhender de nouveaux marchés.

8# Comment perçois-tu le rôle d’Ulule dans le domaine de l’impact positif ?

Ulule se distingue en soutenant une très grande diversité de projets autour de la nourriture « sans », de la cosmétique, du bio, de la technologie, du sociétal, de l’associatif.

Ils sont capables de détecter et d’intégrer les tendances actuelles et celles de demain ayant un grand potentiel. Ulule est précurseur dans ce domaine.

9# Vois-tu une pertinence dans le rapprochement entre les porteurs de projet et les marques ?

C’était intéressant que des start-up, des grands groupes et des agences de communication mènent des réflexions communes sur certains de leurs projets.

J’ai pu remarquer qu’une start-up a ses propres contraintes en termes de communication. Son public a besoin d’un message compréhensible. C’est la problématique qui a été abordée dans l’atelier : comment communiquer un nouveau concept de manière simple et efficace ?

La grande distribution a elle aussi ses contraintes auxquelles une start-up n’est pas toujours préparée. C’était donc le défi du jour : confronter nos idées avec spontanéité, sans idée préconçue.  

Mon rôle dans l’atelier que j’ai animé était celui d’un facilitateur. J’ai tenté de montrer à My Holy le travail que j’effectue au quotidien chez Carrefour, par quel moyen le public peut intégrer son concept avec un angle particulier pour que les clientes, les prescripteurs, s’intéressent à My Holy et à ses produits.

10# Que peut apporter Ulule dans cette dynamique ?

J’ai beaucoup aimé l’approche pragmatique d’Ulule sur les sujets sociétaux. Ils mettent ensemble les parties prenantes : les grands groupes et les start-up. Ils contribuent à ôter les barrières et encouragent les uns et les autres à travailler ensemble.

En France, c’est encore compliqué d’œuvrer ensemble sur des projets ! Mais Ulule met en avant le fait que l’on peut travailler ensemble, qu’il s’agisse de start-up, d’entreprises, de jeunes, de moins jeunes. C’est là toute la différence. Faire avancer les gens aujourd’hui dans un but commun, c’est fondamental.

11# Enfin, une question qui nous taraude depuis de début de cette interview… en  tant que garçon, comment t’y es-tu pris pour parler avec My Holy du sujet des culottes menstruelles ?

Le choix d’un coach masculin était délibéré. L’équipe de My Holy a pu entendre la voix d’une personne qui ne connaissait pas les produits de la start-up.

Quand vous n’êtes pas consommateur d’un produit et que vous ne le serez jamais, vous n’avez pas la même réflexion.

En revanche, l’hygiène féminine fait partie des messages publicitaires régulièrement diffusés. C’est un sujet majeur que se sont appropriés de grands groupes industriels depuis longtemps.

C’est pourquoi cette jeune start-up doit apprendre à différencier sa communication par rapport aux autres produits de commodité. Un nouvel acteur comme My Holy a tout à gagner à travailler sa communication pour inciter la consommatrice à changer ses réflexes habituels.

Découvrez les finalistes The Launch sur le site thelaunch.ulule.com.

Merci Thomas d’avoir partagé ton expérience avec nous. Nous espérons te revoir bientôt !